Changer de bocal pour
Changer la société

 

La société que nous vivons

1.4. L'argent est devenu le principal pilier de la société

Résumé

L'argent n'était, à l'origine, qu'un moyen commode pour acheter et vendre: Argent = monnaie d'échange. La valeur de la quantité de monnaie en circulation était donc la même que la valeur des biens et marchandises.
Les banques, par les opérations de crédit, ont permis d'acheter sans argent réel: c'est la financiarisation de l'économie. La monnaie réellement disponible ne représente plus qu'une petite part des biens et marchandises.
Puis l'argent devient lui-même une marchandise et objet de spéculation. Sa valeur ne repose plus que sur la confiance: on parle de volatilité. Crise de confiance = faillite du système bancaire.
L'argent permet d'acheter bien d'autres choses que des marchandises...

 

 

1.4.1. La monnaie

La monnaie a été inventée par l'homme pour faciliter les échanges de biens et services. Echanger un kilo de pommes de terre contre un litre de lait est relativement aisé entre deux paysans mais suppose déjà que nos deux paysans soient en possession physique de l'un et l'autre. Cela se complique si l'on veut échanger 1000 litres de lait contre un costume ou contre un service de santé. Dans tout acte d'achat-vente il est en effet plus facile d'utiliser la valeur des marchandises et des biens plutôt que les marchandises elles-mêmes ou les biens.

 

 

La monnaie est la représentation de la valeur des biens. Cette représentation de la valeur a pris différentes formes (le bétail, l'épi d'orge…) en fonction des civilisations, mais peu à peu les métaux précieux ont constitué leur support dominant. La monnaie a permis le développement des échanges à tel point que le mot échange a lui-même disparu du langage pour laisser la place aux mots commerce et transaction.

Puis les banques sont apparues comme intermédiaires entre les acteurs économiques. Au départ les banques ne sont que des silos de stockage et de redistribution de la monnaie, prélevant au passage une petite partie des valeurs comme rémunération de leurs services.

Les reçus que les banques délivraient en échange des pièces déposées ont été remplacés par nos actuels billets de banque à la création de la Banque de France le 18 janvier 1800 par Napoléon Bonaparte. Leur valeur reposait sur la confiance du public, les billets pouvant à tout moment être échangés contre des pièces d'or. D'où le terme de monnaie fiduciaire : du latin fiducia = confiance.

 

 

Tout allait très bien ainsi jusqu'à ce que les banquiers comprennent qu'il ne viendrait pas à l'idée des utilisateurs de venir retirer leur monnaie tous en même temps.

Par conséquent il était inutile, à leurs yeux à eux banquiers, de stocker en permanence à la banque la totalité des avoirs de leurs clients. Une quantité minimum, appelée réserves, suffisait pour assurer les besoins des transactions. Alors, que faire du reste, c'est-à-dire de la plus grosse partie? Si on la prêtait temporairement à ceux qui n'en ont pas, ou qui n'en ont pas assez?

De cette idée nait le crédit. C'est à partir de là que la monnaie a perdu sa qualité première de moyen d'échange pour devenir un simple objet d'échange; autrement dit la monnaie devenait elle-même une marchandise.

C'est aussi à partir de là que la banque devient créatrice de monnaie. Comment? Au départ, la monnaie réelle que la banque stocke dans ses silos (ses coffres) correspond exactement à la valeur de marchandises. Elle a été déposée par les marchands qui ont vendu des biens ou des services.

Ainsi par exemple un paysan qui aura vendu 1000 litres de lait possédera à la banque 1000 unités de compte (des francs, ou des euros, ou autres, peu importe l'unité choisie). Le paysan peut à tout moment venir retirer ses 1000 unités qui représenteront toujours la valeur de 1000 litres de lait, pour acheter la même valeur d'autres biens. Or, si entre temps, le banquier prête 500 unités à un client emprunteur il ne devrait plus rester en réserve que 500 unités. Il peut néanmoins redonner 1000 unités au paysan si celui-ci les demande parce que d'autres clients ont aussi déposé de l'argent et ne viennent pas le réclamer en même temps que le paysan. C'est le principe de la mutualisation.

Mais revenons aux 500 unités prêtées à l'emprunteur. Ce dernier peut immédiatement dépenser ces 500 unités et les convertir en une table et des chaises par exemple. Donc les 1000 unités de départ représentent dorénavant en valeur marchande 1000 litres de lait + une table et des chaises soit 1500 unités. La banque a donc créé 500 unités de monnaie virtuelle qui représentent bien un pouvoir d'achat (puisque l'emprunteur les utilise immédiatement pour acheter la table et les chaises) mais ne sont pas préexistants au moment du prêt.

Extrait du fascicule " La monnaie & nous " édité par la Banque de France et téléchargeable ici ainsi que d'une vidéo visionnable ici

[La] masse monétaire n'est pas figée, et elle n'est pas liée à une base physique de métal précieux. Elle évolue avec les besoins et les résultats de l'activité économique, et cela grâce aux banques. Si l'on ne faisait qu'échanger des pièces, des billets et des dépôts inscrits sur des comptes, il n'y aurait pas de variation de la masse monétaire. Mais ce n'est pas ce qui se passe en réalité.

Prenons le cas d'une entreprise: pour fonctionner, elle a souvent besoin d'argent frais. Car il lui faut du temps pour fabriquer ses produits, les vendre et être payée. Et en attendant, elle doit payer ses fournisseurs, acheter du matériel et rémunérer ses salariés.

Elle s'adresse donc à sa banque, qui va pouvoir lui accorder un crédit, moyennant intérêt bien entendu. La banque inscrit le montant du crédit au compte de l'entreprise : la banque a créé de la monnaie. C'est ainsi que la banque augmente par le crédit le montant des dépôts et crée de la monnaie.

De son côté, l'entrepreneur s'engage à rembourser le crédit et les intérêts correspondants, grâce aux profits qu'il compte retirer de son activité.

La création monétaire est une opération aboutissant à produire une quantité nouvelle de monnaie. Le crédit est un mode de création monétaire: il fait apparaître sur un compte une somme qui n'existait pas auparavant.

Les banques créent donc artificiellement de la monnaie simplement en les écrivant (en créditant) sur les comptes en banque de ses clients (d'où le nom de monnaie scripturale donnée à cette monnaie).

Le comble est qu'elles (les banques) perçoivent une rémunération (intérêt) sur de l'argent qui n'existe pas! Elles s'enrichissent ainsi par le simple jeu d'écritures comptables.

 

 

1.4.2. La valeur de l'argent ne représente plus des marchandises réelles mais repose sur une hypothèse: la confiance

Allons un peu plus loin pour mieux comprendre cette création de monnaie à partir de rien (ex nihilo). Les états ont donné aux banques la possibilité de prêter plusieurs fois la valeur des réserves qu'elles ont en coffre, moyennant le respect de la règle des réserves fractionnaires qui oblige (théoriquement) les banques commerciales à détenir une fraction de la quantité de monnaie issue du crédit accordé par les banques. En clair les banques peuvent prêter plusieurs fois la valeur des fonds qu'elles ont réellement en dépôt.

Dans la réalité les banques commerciales prêtent jusqu'à 30 fois et plus la valeur de leurs fonds propres ! Dans ces conditions la valeur réelle de la monnaie est toute théorique. C'est seulement une bulle financière, creuse de toute réalité, et qui peut éclater à la moindre crise de confiance des usagers.

 

 

Supposons un instant que cette confiance se perde, par exemple par la mise en circulation d'une rumeur, vraie ou fausse. Les usagers vont se ruer dans les banques pour retirer leurs dépôts et leurs placements. Or les banques ne disposent dans leurs coffres que des réserves obligatoires (moins de 10% des valeurs en circulation dans l'exemple ci-dessus). Elles sont donc immédiatement en état de faillite!!!

Il en va de même pour les grosses entreprises cotées en bourse. Pour financer leurs activités et leur croissance ces entreprises émettent des actions. Une action n'est rien d'autre qu'une promesse de détenir une part de l'entreprise. La part donne droit à une part de décision à l'assemblée générale des actionnaires et une part équivalente des bénéfices de celle-ci si bénéfice il y a, ou à une participation à la perte, le cas échéant.

Lorsque vous achetez une action vous échangez votre argent contre cette promesse dans laquelle vous avez confiance. Si tout va bien votre confiance vous rapportera un dividende; si ça va mal votre investissement aura perdu de sa valeur initiale; si ça va très mal, vous aurez tout perdu. La fluctuation des valeurs cotées en bourse montrent très bien que la valeur des actions ne dépend que du degré de confiance que les boursicoteurs ont en ces actions.

 

1.4.3. L'argent permet...

L'argent permet de posséder les média. Or ce sont les media qui forgent "l'opinion" comme cela est décrit à la page consacrée aux media.

L'argent permet de financer les "experts" qui seront utilisés pour justifier les messages médiatiques et conforter l'opinion. Il permet aussi d'orienter la "recherche" voir d'acheter l'avis des scientifiques.
Il suffit, pour s'en convaincre, de se reporter aux scandales de produits et médicaments (Mediator, Diane 35, Thalidomide, prothèses mammaires...) qui ont acquis une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour un usage déterminé, et dont certains sont détournés ensuite vers un usage initialement connu mais masqué.

L'argent permet d'obtenir la légalisation du profit en donnant aux industriels les autorisations pour la commercialisation de produits phytosanitaires dangereux, de certaines plantes OGM,...

L'argent permet de briser les résistances: procès aux détracteurs, aux organisations de type Greenpeace, à la presse antisystème...

Le système social  

 

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