Changer de bocal pour
Changer la société

 

Une autre voie est-elle possible?

 

2.1. Une révolution ?

2.1.1. Les révoltes individuelles ne servent à rien

Dans le Monde, nous sommes une multitude de militants révoltés à croire qu'une autre voie est possible. Il suffit, pour s'en rendre compte, de lancer quelques recherches sur internet en tapant les mots clés "démocratie" ou "révolution".

Si la voie du changement ne s'ouvre pas spontanément c'est parce que cette multitude est composée de militants individuels ou faiblement regroupés dans des associations locales qui défendent des causes diverses, souvent disparates, parfois même contradictoires entre elles. L'action menée par les individus et les associations est, la plupart du temps, très louable; mais l'action menée reste presque toujours dans le cadre socio-économique en cours, sans remise en cause fondamentale du système.

Si vous souhaitez intégrer un groupe de discussion sur le sujet de la démocratie il vous sera facile d'en trouver sur les réseaux sociaux. Idem si vous cherchez un groupe sur le thème plus "pointu" de l'abstention électorale et idem pour n'importe quel sujet. On pourrait donc penser qu'il doit être facile de rassembler, à travers tous ces groupes, une masse suffisante de personnes prêtes à s'unir pour participer à un projet de changement de société.

Que nenni! Inscrivez-vous à deux ou trois groupes qui vous paraissent partager vos idées et vous découvrirez rapidement pourquoi. Il est constant dans tous les groupes de trouver un, deux ou trois meneurs qui lancent et alimentent les débats. Un débat contradictoire s'installe rapidement et enrichit le sujet. Puis la contradiction s'envenime, dérape et se met à détruire au lieu de construire, mettant à jour la difficulté à rester longtemps centrés et solidaires sur l'idée de base. Par ailleurs, la facilité de créer un groupe, favorise les créations multiples sur un même sujet. Ces multicréations ont souvent pour objectif de se mettre en valeur plus que de développer une idée. Le résultat en est que des rivalités de "chapelle" se font jour entre les groupes traitant d'un même sujet ou de sujets apparentés. Cette rivalité nuit à la fusion des groupes et rend impossible l'agrégation d'une masse suffisante d'adhérents sur un sujet majeur.

Il n'est pas rare qu'une discussion sur un sujet de société aboutisse au lancement d'une pétition protestataire qui appelle:

  • à se rebeller contre une multinationale qui délocalise pour échapper à l'impôt et contourner les lois sociales,
  • à dénoncer les salaires mirobolants et indécents des grands patrons qui par ailleurs dégraissent et licencient à tour de bras,
  • à dénoncer les scandales liés à la santé publique,
  • à rejeter la création et le financement d'un statut particulier pour la femme du Président... etc… etc…

La pétition a tendance à devenir le mode d'expression que les Français préfèrent à l'expression par les urnes électorales. Mais servent-elles à faire avancer les choses? La pétition sert avant tout de soupape à ceux qui la signent. Ouvrir la soupape c'est faire baisser la pression: On se sent soulagé d'avoir participé à une action qui va dans le sens de notre pensée. Mais pour qu'une pétition soit prise en compte il faut qu'elle soit massive et médiatisée.

Les actes militants ne sont pas à blâmer. Cependant, si ces actes arrivent parfois à modifier quelque peu le cours des choses, ils ne changent rien fondamentalement au système qui récupérera tôt ou tard le lest qu'il est parfois obligé de lâcher.

Pour qu'une action soit efficace et durable elle nécessite de centrer les luttes sur un objectif général qui englobe l'ensemble des revendications. Une action efficace doit mobiliser sur des actions précises visant l'objectif fixé. Une action efficace ne peut pas aboutir sur des réactions spontanées. Une action efficace nécessite de la maturation.

La révolte se caractérise par le sentiment de vivre une situation intolérable : "le révolté n'a pas de futur parce que ce futur ne peut être que l'aggravation du présent, et ce présent, il n'en veut plus. De ce fait, la révolte se résume à un acte désespéré". Jacques ELLUL.

Un acte désespéré ne conduit qu'à une destruction sans reconstruction. Une révolution qui mérite ce nom est, quant à elle, organisée. Elle s'appuie sur une doctrine élaborée et vise, avec méthode, la construction d'un nouvel ordre étatique.

Les exemples de révolutions ratées ne manquent pas. Les "printemps arabes" ont débuté en Algérie en 2010 et ont ensuite contaminé la Tunisie, puis l'Egypte, la Syrie, la Lybie... Partout les soulèvements populaires avaient pour causes le pillage des richesses nationales par des dirigeants corrompus, le chômage, la misère, le coût de la vie élevé, le manque de libertés et de démocratie; Autrement dit un "Ras-le-bol" général. Mais elles ont toutes fait "pschitt" parce qu'elles n'étaient que des révoltes et non des mouvements structurés avec des projets construits pour le long terme.

Un autre exemple nous est donné par la Catalogne. Le référendum pour l'indépendance organisé en octobre 2017 par les catalans a été saboté par le gouvernement espagnol qui en a profité pour mettre sous tutelle la province rebelle. Les événements ont montré que si le peuple catalan était bien fortement motivé par un profond désir d'indépendance, la suite des événements n'avait pas été préparée. Rien n'avait été prévu pour contrer l'application du fameux article 155 contenu dans le contrat d'autonomie en vigueur...

 

2.1.2. Une révolution peut être non-violente.

Selon Martin Luther King "plus il y a de violence, moins il y a de révolution ... Le résistant non-violent reconnaît, comme ceux qui se résignent, qu'il ne faut pas attaquer physiquement l'adversaire; inversement, il reconnaît, avec les violents, qu'il faut résister au mal".

Les groupes et les individus employant la méthode non-violente s'abstiennent, grâce à elle, de se résigner au mal et de recourir à la violence. A l'exact opposé du consentement et de la haine, King fait valoir l'amour comme principe de la révolution non-violente.

Selon King encore, une révolution ne saurait se dérouler selon un plan soigneusement préétabli. Un nouveau modèle de société nécessite, en effet, la participation des acteurs pour son élaboration. Il ne peut donc être préétabli que dans ses grandes lignes.

Une véritable révolution nécessite du temps pour s'implanter dans les esprits. Une véritable révolution est une révolution en profondeur de la pensée; une pensée qui ne veut plus que le cours de l'Histoire soit tracée par les dominants au détriment des dominés.

 

2.1.3. Aujourd'hui plus que jamais, une révolution doit être non-violente.

La définition de la révolution fréquemment rencontrée se rapproche de celle-ci: Une révolution consiste dans le passage, d'ordinaire brusque et violent, d'un régime à un autre, passage qui peut aller du coup d'Etat à la guerre civile et qui a toujours le pouvoir étatique pour enjeu central.

Cette définition présente la révolution comme obligatoirement et automatiquement associée à violence, guerre civile, atrocités… Dans cette définition la révolution n'est que le renversement du pouvoir par un autre groupe qui remplace celui en place. Une telle action s'appelle un coup d'état qui peut effectivement se poursuivre en guerre civile. Une véritable révolution ne doit pas être çà!

Cà ce n'est que le remplacement du groupe oligarchique au pouvoir par un autre groupe oligarchique, même si celui-ci se réclame d'être une avant garde éclairée.

Associée à des images d'atrocités, une telle révolution ne peut plus aujourd'hui être acceptée par le peuple, du moins en occident. Si donc, on veut faire accepter l'idée de révolution il faut qu'elle s'affirme non-violente, et dans les faits il faudra qu'elle le soit.

Une vraie révolution est une révolution par le peuple tout entier, mise en œuvre pour le bien du peuple tout entier. Le peuple n'a pas besoin de s'entredéchirer pour cela.

Une véritable révolution commence par la prise de conscience que le système en place ne correspond pas (ou ne correspond plus) à celui que le peuple souhaite. Que les inégalités et les injustices vécues par le peuple sont devenues trop insupportables pour continuer à durer. Qu'une autre façon de vivre est possible si le pouvoir en place ne l'empêchait pas (plus) par la force et les contraintes de toute nature.

Mais aussi que la révolution ce n'est ni le grand désordre ni le règne du chacun pour soi. Elle se concrétise d'abord en un débat public destiné à établir les bases d'un nouveau régime, puis par le renversement effectif de la minorité au pouvoir et son remplacement par un régime démocratique contrôlé par le peuple. Le renversement peut se faire sans violence, simplement par la pression du peuple qui peut prendre différentes formes comme la grève générale et le blocage de l'économie.

La démocratie désigne étymologiquement le pouvoir (kratos) des citoyens (demos). L'exercice de ce pouvoir n'inclut pas obligatoirement de violence. Mais il nécessite de la fermeté et de la détermination car il est évident que dans le cadre d'un renversement des pouvoirs les renversés ne vont pas se laisser faire !

 

2.2. Par quoi commencer ?

2.2.1. Bloquer le système électoral

Le pouvoir politique actuel tire son apparente légitimité des élections. Tout président de la République, comme tout parlementaire, fait valoir au lendemain des élections qu'il a été élu par une majorité de Français. C'est faux! Le chapitre sur les élections nous montre le contraire.

Les élus ne sont élus qu'à une majorité très relative et ne représentent qu'une très faible part de la population. Ils se proclament élus par une supercherie de calcul et de présentation des résultats. La seule expression des résultats en % du total des inscrits diviserait déjà par deux le résultat qu'ils nous présentent....! Pourtant ce sont ces élus qui font la Loi et qui l'appliquent à nos dépens.

La première chose à faire est donc de bloquer cette supercherie que les dominants appellent démocratie: il faut bloquer la machine électorale. Et le seul moyen d'y parvenir pacifiquement c'est l'abstention massive qui démontrera la non légitimité des élus.

Il ne s'agit pas d'aller à la pêche le jour des élections.
Il s'agit d'une abstention active, revendiquée et assumée.
Il s'agit d'un rejet absolu du système qui se fout des citoyens.

 

2.2.2. Ecrire une vraie Constitution démocratique

Plusieurs pages de ce site décrivent le processus, nous ne les réécrivons pas ici; il suffit de suivre les liens cidessous:

Moi Président.e.

Changer la Constitution

 

D'autres alternatives  

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