Changer de bocal pour
Changer la société


L' autre voie

Rêver d'un autre monde est facile,
construire un autre monde implique qu'on s'attèle à la tâche.

3.2. Une transition douce par l'autogestion locale

3.2.1. Le peuple n'est pas mûr pour une révolution, même non violente

"Prendre à un enfant, un jouet auquel il ne s'intéresse pas, pour le donner à un autre enfant, ne posera généralement pas de problème. Mais tentez donc de lui arracher celui avec lequel il s'amuse!". Henri Laborit

Supprimez l'accès au stade, la télé et le smartphone… à l'homme du 21ème siècle et vous réunirez les conditions suffisantes pour une révolution instantanée. Une révolution rapide et expéditive… qui prendrait fin aussitôt les droits récupérés. Ce type de "révolution" n'est en réalité qu'une révolte.

Les conditions pour une révolution en profondeur qui passe par un changement des habitudes et un changement culturel ne seront pas aussi faciles à réunir. Il faudra débattre, argumenter, combattre les arguments adverses pour convaincre et emporter l'adhésion.

Les contradictions

Aussi, la meilleure voie ne sera certainement pas la voie abrupte et violente mais au contraire la voie par l'exemple, la voie locale dans laquelle chacun pourra se sentir concerné.

3.2.2. L'autogestion: ça consiste en quoi?

L'autogestion, au sens littéral, est la gestion par soi-même et pour soi-même, en dehors de la hiérarchie classique dirigeants-dirigés, décideurs-exécutants.

Appliquée au processus de production dans l'entreprise, c'est la disparition de la hiérarchie dans la conception, l'organisation et l'exécution des tâches au profit de l'implication et la responsabilisation collective.

Appliquée dans le domaine public c'est la possibilité d'organiser la vie sociale, en décidant collectivement de ce qui est bien à faire, des moyens qu'on se donne pour faire, et de comment on réalise ce qu'on a décidé de faire.

L'autogestion est beaucoup plus qu'une participation aux débats (je donne mon avis). Elle est caractérisée par la réappropriation du processus de décision (mon avis compte dans les décisions) et dans l'implication dans les choix qui sont faits (je suis responsable du résultat de ces choix et je les assume).

L'autogestion est une pratique que beaucoup d'entre nous appliquons déjà lorsque nous adhérons à une association et surtout lorsque nous nous impliquons dans son fonctionnement.

 

3.2.3. Le fonctionnement associatif est déjà proche de l'autogestion

Les associations constituent un premier maillon et un premier exemple de la démocratie participative. Au fur et à mesure de notre implication dans la vie de l'association, nous tendons vers l'autogestion. Les dirigeants sont élus en assemblée générale et ils restent proches des adhérents de base. Ils nous rendent des comptes et nous pouvons contrôler leur action.

A l'intérieur d'une association les adhérents se "mouillent" et prennent en charge le fonctionnement et la gestion des affaires qui les concernent. Lorsque nous exécutons une tâche nous ne le faisons pas sous la contrainte, ni sur ordre. Nous pouvons accepter ou refuser ces tâches. Notre rémunération n'est pas un salaire mais la satisfaction d'une réussite collective lorsque nous atteignons ou dépassons les objectifs que nous avons librement choisis.

 

3.2.4. Expérimenter l'autogestion dans l'administration locale en instaurant la démocratie participative

Autogestion au niveau local

"C'est la personne qui porte la chaussure qui sait le mieux si elle fait mal et où elle fait mal, même si le cordonnier est l'expert qui est le meilleur juge pour savoir comment y remédier". John Dewey 1927

Municipalités et communautés de communes sont les terrains où peut être expérimentée la démocratie participative, à la condition que les décisions fassent suite aux débats sans qu'elles ne soient confisquées par les élus. Et le meilleur moyen pour cela est que les représentants de cet échelon soient déjà élus avec un mandat impératif.

Exemple:

En 2014, la maire de Paris, Anne Hidalgo a mis en place un budget participatif représentant 2,9 % du budget d'investissement de la ville. On ne peut que louer ces initiatives. Mais elles restent pour l'instant très limitées et il faut faire attention de ne pas se laisser leurrer par l'effet communication qui les entoure. Par exemple le budget participatif de la ville de Paris (48,5 M€) ne concerne que 2,9% de la section investissement (1.687 M€ en 2016) soit un peu moins de 0,5% du budget global (9.671 M€ en 2016) ce qui ne fait pas prendre le moindre risque à la maire de Paris et procède plutôt d'une opération de com. Il faut cependant remarquer que cette initiative a intéressé 40 000 citoyens soit près de 2% de la population. On peut imaginer la multiplication de l'intérêt si l'expérience était étendue à 100% du budget global. Ceci montre que le citoyen ne se dérobe pas à l'intérêt pour la chose publique pour peu qu'on lui donne la possibilité d'y participer concrètement.

 

3.2.5. Trouver les formes d'autogestion à chaque échelon

L'exemple des ouvriers de LIP à Besançon
L'exemple des "LIP"

 

Commençons par changer la Constitution  

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