Changer de bocal pour
Changer la société


L' autre voie

Rêver d'un autre monde est facile,
construire un autre monde implique qu'on s'attèle à la tâche.

3.8. Changer le système économique

Résumé

Changer le système économique implique de changer les éléments interagissant avec lui, ce qui conduit à:
Remettre le trésor des riches dans l'économie circulante.
Assainir le système bancaire (banque 100% monnaie: Réserves = Dépôts). Séparer banque de dépôts - banques d'affaires.
Assainir la société de consommation en interdisant l'obsolescence programmée et les achats forcés.
Lutter contre le gaspillage en favorisant le durable et en proscrivant l'éphémère. Réglementer la publicité.
Favoriser une agriculture et une consommation qui préservent l'environnement et la planète.

 

"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l'homme s'apercevra que l'argent n'est pas comestible." Proverbe indien

Le système économique n'est pas seulement un système d'échange de marchandises et de biens entre des acteurs qui seraient d'un côté les vendeurs et de l'autre des acheteurs. Un système économique interagit avec le mode de production des biens et donc avec le monde du travail, avec l'agriculture et l'environnement, avec le système financier et toutes les questions liées à l'argent, l'inflation, la spéculation, avec le niveau de vie et donc avec l'organisation sociale... Il est aussi lié aux systèmes économiques étrangers puisque les échanges se font aujourd'hui à l'échelle mondiale; il a donc à voir avec la politique étrangère.

Dans un premier temps nous nous limiterons à étudier ce qu'il est souhaitable et envisageable de changer en France à moyen terme.

 

3.8.1. Partage équitable? des richesses

Dans les discours politiques se glissent très souvent, et pas par hasard, la notion de partage des richesses. Ce mot "partage" a, semble t-il, le pouvoir magique d'apaiser et de satisfaire ceux qui réclament à cors et à cris (et à juste titre) leur part du "gateau". Cette notion de partage a été utilisée, pour sa force à endormir les esprits et à entraîner l'adhésion, dans le slogan: "pour partager les richesses il faut d'abord les produire"! La force de ce slogan réside dans le fait qu'il sonne comme une évidence. Mais il est très vicieux.

Sonnant comme une évidence, il fait oublier l'essentiel: le partage! Car bien entendu il ne détaille pas les conditions du partage: Une très grosse part pour les riches et autant de miettes qu'il y a de pauvres, c'est bien un partage... oui ou non? Oui! Est-il équitable? NON!

Ce slogan était destiné à faire passer la pilule du blocage du SMIC et des salaires pour permettre les cadeaux faits aux entreprises. Le message étant: "Ce sont les entreprises qui paient les salaires. Si on veut que les salaires soient améliorés, il faut permettre aux entreprises de faire du profit".

Ce slogan a été utilisé par M. Fillon, premier ministre, dans sa déclaration de politique générale du 3.07.2007 et repris plus tard par Emmanuel Macron ministre qui a exercé sous un gouvernement de gauche, puis par Luc Ferry, ministre sous un gouvernement de droite, soutenant Macron.

 

3.8.2. Remettre le trésor des riches dans le circuit économique

Les grandes fortunes ne se jouent pas en bourse: trop risqué. Elles se gèrent en famille et se transmettent par héritage. Une grande part s'évade vers des paradis fiscaux, une autre part est investie dans des oeuvres d'art et autres valeurs sûres comme le lingot d'or. Une grande part de la valeur des grandes fortunes ne sont que de l'argent cristallisé, gelé, qui provoque un manque de fluidité dans l'économie de marché.

Le système financier actuel repose sur la croissance et requiert avant tout de la consommation, donc de la circulation de monnaie. Or, l'accumulation des biens retire une partie de l'argent du marché. Elle contribue à l'appauvrissement des plus pauvres et à l'enrichissement des plus riches. Il y a trois façons de remettre cette masse monétaire "non économique" dans le circuit productif:

L'incitation à investir dans des grands projets d'état: Ecologie, Education, Santé, Communication, Culture, par une rémunération adaptée. L'inconvénient majeur est que cette technique ne sort pas du système actuel.

La taxation forte, qui induit un risque de faire fuir encore davantage une grande partie de ce trésor vers les paradis fiscaux.

Une confiscation pure et simple au profit de l'Etat de la part des fortunes privées qui dépassent un seuil plafond à définir.

 

3.8.3. Un système bancaire "100% monnaie"

Il s'agit d'une réforme radicale du système bancaire fondée sur la dissociation entre la monnaie et le crédit.

Rappelons que dans le modèle économique en cours, la monnaie centrale, créée par la Banque centrale, comprend la monnaie fiduciaire (pièces et billets) et les réserves obligatoires que les établissements financiers doivent détenir dans la proportion de quelques % du montant des dépôts qu'elles gèrent . Cette monnaie centrale est dite de refinancement lorsqu'elle est prêtée aux banques commerciales.

La monnaie scripturale est créée par les banques commerciales, par simple jeu d'écriture lorsqu'elles accordent un prêt à leurs clients (simple inscription du montant correspondant sur le compte des dits clients) et cela sans disposer nécessairement de monnaie centrale ni de dépôts. Cette forme de monnaie représente plus de 92 % de la masse monétaire en circulation.

Le "100 % monnaie" consiste en un transfert de la totalité de la création monétaire des banques commerciales vers la banque centrale, en imposant aux banques commerciales la détention de réserves correspondant à 100 % des dépôts monétaires, pour éviter les dérives permises par le système des réserves fractionnaires. Ainsi, une banque commerciale ne pourrait plus accorder un crédit de 100 que si elle possède réellement 100 dans ses caisses. Dans un tel système il ne peut plus y avoir d'inflation et la spéculation est freinée. La monnaie y est totalement "liquide" et garantie à 100% par de la monnaie Banque centrale. En savoir plus.

 


 

3.8.4. Faire évoluer la société de consommation

Serge Latouche, économiste breton et penseur de la décroissance, dans son ouvrage «Bon pour la casse: Essais sur l’obsolescence programmée» (Les liens qui libèrent, 2012) explique que tout notre système est basé sur l’obsolescence: «La publicité crée le désir de consommer, le crédit en donne les moyens, l’obsolescence programmée en renouvelle le besoin».

L'économie durable doit être autre chose qu'une étiquette apposée sur un produit pour coller à l'air du temps. Il faut refuser le gaspillage en interdisant la pratique de l'obsolescence programmée, en pratiquant le recyclage et les réparations comme celles qui sont faites dans certains cafés-ateliers de réparation.

Supprimer les primes à la casse (sauf lorsqu'il s'agit de faire remplacer des automobiles trop âgées pour des questions de sécurité).

Obliger les fabricants normaliser certaines pièces comme

les chargeurs de batterie et les batteries elles-mêmes,

la connectique: cablerie nécessaire pour interconnecter les périphériques de de toutes marques d'appareils audio-visuels,

la visserie et boulonnerie de tous les appareils, notamment électroménagers, de telle façon qu'il n'y ait pas besoin de recourir à un outillage spécialisé, ni à un spécialiste pour des réparations mineures; et surtout de telle façon que ça n'incite pas systématiquement à remplacer l'appareil par un nouveau.

les contenants de produits alimentaires (pots de yaourts, barquettes diverses), ce qui entraînerait automatiquement la normalisation des conditionnements pour le transport et pour le stockage, donc une réduction des coûts,

etc...


"Les générations futures ne nous pardonneront jamais quand elles découvriront la vérité sur le mode de vie gaspilleur des pays développés..."

Interdire toute publicité visant à stimuler artificiellement la consommation par des sollicitations psychologiques (consommation émotionnelle), ce qui revient à supprimer la publicité tout court!

Refuser l'éphémère et l'effet de mode.

Il faut, bien évidemment, avoir conscience que tout cela nécessite un changement radical de conception de la société de consommation, tant du côté des producteurs-distributeurs que du côté des consommateurs. Un tel changement ne peut s'opérer que par un réapprentissage progressif de la citoyenneté. Mais s'il est vrai qu'il est difficile de changer radicalement les mentalités installées, cela est-il réellement impossible si on prend conscience des enjeux à moyen terme?


3.8.5. Agriculture et alimentation

L'élevage: nécessité ou mode alimentaire?
Pour penser (ou repenser) l'agriculture il faut commencer par se poser la question: "A quoi sert l'agriculture?" La réponse normale est qu'elle doit normalement servir à nourrir les humains. Malheureusement, dans la pratique, elle sert surtout à enrichir les géants de l'agrobusiness Monsanto, Bayer, Yara, CF Industries et autres consorts.
Il y a plusieurs façons de nourrir l'homme. On sait aujourd'hui déterminer ses besoins en quantité et en qualité. On sait qu'il a besoin:
1° - d'eau
2° - d'énergie (calories provenant de la digestion des aliments)
3° - d'éléments pour construire son corps: protéines, glucides, lipides, éléments minéraux
4° - de vitamines et oligoéléments, nécessaires mais en très petite quantité .

C'est le rôle de l'agriculture de produire la troisième catégorie: les aliments.

Les besoins en protéines sont de 100 à 120 g par jour. Elles peuvent provenir de la viande animale des poissons, du lait et dérivés du lait, mais aussi des végétaux comme les céréales, les légumes et légumineuses (dont la soja), les racines, les tubercules et les fruits...

Les besoins en glucides sont de 300 à 400 g par jour. Ce sont les grands pourvoyeurs d'énergie et sont essentiellement d'origine végétale. On les trouve dans les légumineuses, les céréales (farine, pâtes, riz) les pommes de terre (amidon), les fruits, les légumes, la betterave ou la canne à sucre.

Les lipides proviennent des graisses animales liées à la viande, et des produits laitiers (beurre, saindoux, crème), assez peu du poisson. Ils sont également fournis par les végétaux oléagineux: contenus des huiles et assaisonnements, chocolat, certains fruits (noix, cacahuètes, avocats). Les spécialistes de la diététique estiment que pour respecter notre santé, moins de 30 % de notre apport calorique journalier devrait provenir des lipides.

Les minéraux, les vitamines et les oligo-éléments sont normalement apportés en quantité suffisante par une alimentation variée.

Ce petit tour d'horizon montre que tous les éléments utiles à notre nourriture peuvent se trouver dans le monde végétal et que, donc, on pourrait facilement réduire (sans forcément supprimer) notre consommation de viande sans risque pour notre santé ou notre longévité. Le modèle "viande=protéines, donc viande=nécessaire" n'est pas obligatoirement le modèle idéal...

 

Efficacité alimentaire

En matière d'élevage on mesure l'efficacité de la transformation en viande de l'aliment consommé en comparant la quantité d'aliment sec qui est nécessaire pour produire 1 Kg de viande. Cette efficacité alimentaire se mesure facilement et s'exprime par le taux de conversion alimentaire TC, encore appelé indice de consommation IC.

Exemple TC = 3 signifie qu'il faut 3 kg d'aliment sec pour produire 1 kg de poids vif animal.

Tous les animaux n'ont pas la même efficacité alimentaire. Ainsi
---> un saumon n'aura besoin que de 1,2 Kg d'aliment sec pour produire 1 Kg de chair,
---> pour un poulet de chair TC se situe entre 2 et 3 suivant le mode d'élevage (Source),
---> pour un porc charcutier TC est de 2,8 (Source),
---> pour un taurillon (jeune boeuf) il est de 7. (Source).
---> pour une vache de réforme TC peut aller jusqu'à 20.

Compte tenu de la plus ou moins grande efficité de transformation des végétaux par les animaux, avant que l'humain ne consomme leur viande, chacun devrait réfléchir aux questions de choix des modes alimentaires.

Première question: Le saumon, la truite, sont les meilleurs transformateurs d'aliment primaire en chair. En étant digéré par le saumon, l'aliment primaire ne subit donc que peu de transformation. Alors, au lieu de manger 200 g de chair de saumon, au goût assez ???, ne vaudrait-il pas autant manger directement l'aliment distribué au saumon? Car c'est ce que feraient sans doute avec bonheur les enfants des rues: 11 millions en Inde, 445 000 au Bangladesh, 250 000 au Kenya, 200 000 à Kinshasa...(Source Wikipedia

Deuxième question: Les bovins sont de très mauvais transformateurs d'aliment primaire en viande. D'autre part le rendement à l'abattage: poids de carcasse / poids vif ne dépasse guère les 50%. Si, sur tous les hectares qui sont cultivés pour nourrir les boeufs et les vaches on semait plutôt des cultures directement consommables par l'homme (blé, maïs, soja, légumes, fruits) ... on nourrirait 10 fois plus d'humains qu'en faisant transformer l'herbe, le maïs et le soja en viande par les bovins.

Troisième question: Elle se déduit des précédentes. L'élevage compte parmi les premiers producteurs de gaz à effet de serre (CO2 et méthane) et l'agriculture en général est l'un des plus gros pollueur en pesticides. Ne ferait-on pas d'une pierre deux coups en modifiant nos habitudes alimentaires?

 

Et cela c'est sans compter avec les questions d'éthique qui se posent avec l'industrialisation à outrance des élevages. Que se passe t-il dans les élevages industriels avant que nous mangions notre jambon ou notre côte de porc? (Le document en lien contient une vidéo déconseillée aux "âmes sensibles").


3.8.6. Protéger notre environnement

Le discours classique sur l'environnement se focalise beaucoup sur le réchauffement climatique, sur les pesticides et sur la qualité de l'air. Mais qu'est-ce que l'environnement?

D'abord, quand on parle d'environnement on parle de l'environnement de l'homme. Autrement dit on parle de l'homme: L'homme dans son présent et dans son avenir. Préserver l'environnement vise, au fond, à préserver l'homme et la vie future de l'homme.

 

Notre environnement ne se limite pas à l'air que nous respirons

L'environnement de l'homme n'est pas fait que de l'air qu'il respire ni que des aliments qu'il mange, c'est-à-dire que de ce qui touche à sa biologie.

L'homme est aussi (en principe) un être pensant. Or il faut vraiment fouiner pour trouver hasardeusement un discret discours sur la pollution de nos cerveaux. Et pourtant! n'y a t-il aucun risque à avaler sans analyse

  • Le flot continu de divertissements endormissants déversés par les media
  • La publicité omniprésente pour nous faire consommer tout ce dont nous n'avons pas besoin
  • Les prêches et les mensonges électoraux des hommes politiques

Protéger l'environnement de l'homme c'est aussi préparer nos cerveaux à filtrer le flot d'infos qui lui parvient, c'est éduquer nos cerveaux à distinguer entre ce qui est bon pour l'homme et ce qui lui est nuisible.

On touche là à ce qui vient d'être dit plus haut sur la société de consommation. Malheureusement, ce type d'éducation ne s'apprend guère, ou pas assez encore, à l'école. Pourtant ce serait une très bonne chose.

Le tri sélectif pour nos déchets ménagers est en train de devenir une réalité réflexe. Passons maintenant au tri sélectif des discours et des mots: une mémoire pour la véritable info, une poubelle pour l'intox.

La pollution ne se limite pas aux pics

Les pouvoirs publics nous rappellent épisodiquement que la pollution existe... les jours où les conditions atmosphériques font apparaître que l'air que nous respirons tous les jours devient irrespirable certains jours!

Ces jours là "on" prend des mesures pour réduire la circulation automobile, avec des dérogations pour les "professionnels"... Bien entendu, ces jours là, l'industrie ne pollue pas!
La mise en place de mesures pour restreindre la circulation automobile vise deux objectifs:

Montrer à la population que le gouvernement agit,

Faire diversion en annonçant des mesures qui créent la polémique: plaques paires contre plaques impaires. C'est bien connu, pendant qu'on polémique on oublie l'essentiel: le fait que la pollution c'est tous les jours, pas seulement les jours où les pics mesurés dépassent des seuils arbitraires.

 

Pour léguer à nos descendants une planète en bon état


1 - Faisons un classement de tous les produits que nous consommons selon leur degré de nécessité:

  • nécessité vitale (logement, habillement, alimentation, santé),
  • nécessité secondaire (confort),
  • sans nécessité.


2 - Faisons pour chaque catégorie un bilan impact sur notre planète


3 - Eliminons suivant nos convictions.

Sinon:

Vers une nouvelle société

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