Changer de bocal pour
Changer la société

Extraits et citations

 

François Mitterrand - Le coup d'Etat permanent (1964)

A props de De Gaulle

"Qu'est-ce que la Ve République sinon la possession du pouvoir par un seul homme dont la moindre défaillance est guettée avec une égale attention par ses adversaires et par le clan de ses amis? Magistrature temporaire? Monarchie personnelle? Consulat à vie? pachalik? Et qui est-il, lui, de Gaulle? duce, führer, caudillo, conducator, guide? A quoi bon poser ces questions? Les spécialistes du Droit constitutionnel eux-mêmes ont perdu pied et ne se livrent que par habitude au petit jeu des définitions. J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de de Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus aimable: consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors, elle m'apparaît plus redoutable encore. Peut-être, en effet, de Gaulle se croit-il assez fort pour échapper au processus qu'il a de son propre mouvement engagé".

De Gaulle par Siné

Siné - L'Express, 11 octobre 1962

Siné joue sur la similitude entre le V de la victoire, geste habituel du Général lors de ses interventions publiques, et l'appel de détresse lancé par une petite Marianne qui court le risque de se noyer dans un régime de plus en plus personnel et autoritaire.


François Mitterrand - encore - dans un entretien avec F-O Giesbert, Le vieil homme et la mort, Folio, 1996.
"Ce qui intéresse l'homme politique (...) ce n'est pas l'argent. C'est le pouvoir. Il ne pense qu'à ça tout le temps, jour et nuit. S'il passe ses dimanches à serrer des mains, écouter des raseurs ou faire de la route, c'est pour le pouvoir. S'il sacrifie tout, sa famille, sa santé, sa dignité, c'est toujours pour le pouvoir. Il se gâche la vie pour être conseiller général ou président de la République."

Jacques ELLUL - La révolte et la révolution

Selon Ellul, la révolte se caractérise par le sentiment de vivre une situation intolérable; elle est viscérale et impulsive: «le révolté n’a pas de futur parce que ce futur ne peut être que l’aggravation du présent, et ce présent, il n'en veut plus. De ce fait, la révolte se résume à un acte désespéré».
La révolution "n’est pas une révolte ayant réussi". Elle s’appuie sur une doctrine et cherche à s’appliquer au réel. Elle n’a rien de désespéré. Au contraire, elle cherche à s’institutionnaliser en suivant une méthode et elle vise toujours un certain ordre. Et cet ordre, c'est la constitution étatique. Le "destin récurrent de la révolution [c'est qu'elle est] la prise en charge d'une aspiration populaire par une classe dominante: une classe qui, au passage, n'oublie pas ses propres intérêts et qui, ce faisant, finit toujours par trahir l'impulsion populaire initiale".

Patrick Le Lay, président-directeur général du groupe TF1, 2004:
(Extrait tiré du livre : Les dirigeants face au changement, Éditions du Huitième jour, 2004)

"Soyons réalistes: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible".

Nicolas Sarkozy, en réunion électorale à Nice, mardi 26 avril 2016 (Vidéo)

"Nous ne pouvons pas accepter que des gens qui n’ont rien dans le cerveau viennent sur la place de la République donner des leçons à la démocratie française".

L’abbé Sieyès député du tiers-état ayant rédigé le serment du Jeu de paume et participé à la rédaction de la constitution après la Révolution dans un discours du 7 septembre 1789:

«Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants.»

George Orwell de son vrai nom Eric Arthur Blair 1903-1950

"Un peuple qui élit des corrompus, des renégats,
des imposteurs, des voleurs et des traîtres
n'est pas victime, il est complice".

Alain Juppé
premier ministre devant l'Assemblée Nationale, 14 mai 1996:

"Je préfère une fonction publique moins nombreuse, plus efficace, et mieux à l'aise dans ses missions, qu'une fonction publique qui fait de la mauvaise graisse."

Lawrence Summers, 8e président du Conseil économique national des États-Unis:

"Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés..."

Jean Jacques ROUSSEAU

"Il n’y à point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté".



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