Changer de bocal pour
Changer la société



Nos libertés

 

Résumé

Nous vivons, en principe, dans un pays de liberté, mais notre liberté est souvent restreinte et très surveillée.

C'est un lieu commun de dire que "la liberté des uns s'arrête où celle des autres commence". Pourtant il reste difficile d'en repérer la limite, tant la notion même de liberté est difficile à définir strictement. Elle est étroitement liée à la notion de droits.

Etre libre c'est d'abord ne pas être esclave ni exclu

Si nous essayons de nous mettre dans la peau d'un esclave pour tenter de percevoir à quoi pouvait ressembler sa vie, nous pouvons comprendre qu'elle ne soit guère différente de celle de l'animal. Nourri, non pour son bien être mais pour conserver sa force de travail, contraint en toute circonstance d'obéir, de marcher ou de crever. Doté pourtant par la Nature de l'intelligence et de la capacité à penser, et donc conscient qu'il ne pourrait jamais accéder aux plaisirs du maître, sa condition d'esclave devait être encore plus difficile à supporter que s'il avait été un animal.

Rédigeant ces lignes, je me rends compte que j'écris au passé, comme si l'esclavage n'existait plus. Pourtant, la condition humaine des nouveaux esclaves de l'économie mondialisée n'est guère plus enviable.

Dans ces pays dits pudiquement "en voie de développement" les uns survivent en triant les déchets en provenance des pays dits avancés, les autres encore enfants, travaillent dans des conditions insalubres à assembler chaussures et vêtements "de marque" pour subvenir au minimum vital...

Dans notre propre pays, cette liberté fondamentale existe t-elle pour tout le monde? Existe t-elle pour les exclus de la société dont on ne parle qu'au moment des fêtes de fin d'année, au moment où nous autres privilégiés nous apprêtons à réveillonner, au moment où nous avons - pour nous dédouaner - une pensée émue pour les sans toît et les "sans dents"?

 

Etre libre c'est avoir des droits

Les droits sont reconnus dans deux documents principaux: La déclaration des droits de l'homme et la Constitution qui sont censés garantir théoriquement ces libertés.

Les libertés qui y sont explicitement citées sont

  • La liberté d'opinion
  • La liberté religieuse (art. 10)
  • La liberté d’expression (art. 11)
  • La liberté de réunion
  • La liberté d’association

Parmi les principaux droits, citons:

  • le droit à l’instruction
  • Le droit, pour chacun, d’obtenir un emploi (droit au travail)
  • Le droit de se syndiquer et le droit de grève
  • Le droit à la protection de la santé, à la sécurité matérielle, au repos et aux loisirs
  • Le droit à la propriété (art.17 de la déclaration) qui implique la liberté de disposer de ses biens et d’entreprendre.

Enoncer des libertés ne suffit pas pour être libre. Il faut encore que ces libertés puissent s'exprimer et se concrétiser; autrement dit que les individus aient le pouvoir d'exercer leurs droits et d'user de leurs libertés.


La liberté selon Geluck

 

Les droits et les libertés dans les faits

Si les droits et les libertés sont effectivement inscrits dans les textes et font partie des discours politiques ils sont bien souvent très peu ou très mal appliqués.

La liberté d'aller et venir est sous surveillance. Les caméras poussent partout: dans les rues, sur la route, dans les espaces publics, dans les banques, les magasins...

La protection des libertés privées est mise à mal sur internet et principalement sur les réseaux sociaux. Nos visites sur les sites marchands ou une simple recherche de renseignements et nous voilà fichés, profilés, et ciblés pour des sollicitations commerciales correspondant plus ou moins à nos habitudes.

Tous nos déplacements sont suivis grace à la trace laissée par la géolocalisation de nos portables. On connait nos trajets habituels, le nombre de fois où nous faisons le plein de carburant, le nombre de fois où nous allons à la pharmacie, au supermarché, au bistrot...

Nos gouvernants eux-mêmes pratiquent la traque des Français en permettant les regroupements de fichiers. Ainsi par exemple, un décret du 30.10.2016 a autorisé «la création d'un traitement de données à caractère personnel relatif aux passeports et aux cartes nationales d'identité», appelé fichier «TES» (Titres Électroniques Sécurisés). Ce gigantesque fichier regroupe nos caractéristiques personnelles: nom de famille, prénom, date et lieu de naissance, sexe, couleur des yeux, taille, adresse, image numérisée du visage et des empreintes digitales, adresse de messagerie électronique… Tout agent de la fonction publique pourra accéder à ses données «pour les besoins exclusifs de leurs missions»...

De tels fichiers risquent le piratage, et peut-être même, à l'avenir, leur vente à des sociétés de droit privé.

La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) créée en janvier 1978 pour s'assurer que les traitements concernant des informations à caractère personnel soient conformes à la loi, s'est opposée à l'instauration de tels fichiers. Mais son avis n'est que consultatif et ne sert donc qu'à apaiser les craintes du citoyen.

Le droit de grève existe t-il vraiment sans entrave?

Le droit de grève était interdit en France jusqu'en 1864. La loi du 25 mai 1864 supprime le délit de coalition instauré par la loi Le Chapellier (1791). Le régime de Vichy (1941) interdira à nouveau de faire grève et posera le principe des syndicats uniques et obligatoires.

La Constitution de la Quatrième République (1946) inscrira dans son préambule que «Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix». L’attachement à ce préambule et à la déclaration universelle des droits de l’homme sera réaffirmé dans la constitution de 1958, faisant du droit de grève un droit constitutionnel.

Pourtant, le patronat et les partis réactionnaires n'auront de cesse d'attaquer ce droit notemment en invoquant le "délit d'entrave à la liberté du travail" énoncé dans l'article L. 412-1 du Code du travail, issu de la loi du 27 décembre 1968 et aussi en se référant à l'article L. 431-1 du Code pénal. Le recours au délit d'entrave se concrétise souvent par un licenciement pour faute dont les représentants syndicaux sont la cible privilégiée.

Mais la façon la plus simple et la plus sournoise de combattre le droit de grève est de favoriser (de façon déguisée car officiellement interdite) les salariés non grévistes par des avantages qui prennent les noms de primes diverses et variées.

Plus récemment (2016) le gouvernement Hollande-Valls a profité de l'état d'urgence et de la lutte anti-terrorisme pour interdire grèves et manifestations au nom de la sécurité.

Le droit au travail est-il un droit qui correspond à une quelconque réalité dans un pays qui compte 3.500.000 chômeurs? Et comment sera respecté demain ce droit puisque le gouvernement, lui-même censé être le garant du respect des droits, utilise la force en faisant usage de l'art.49.3 malgré l'opposition populaire massive, pour faire passer des nouvelles lois (Loi El Khomri) qui réduisent les droits contenus dans le code du travail?

Le droit de vote et d'éligibilité permet théoriquement au citoyen de participer à l'exercice du pouvoir. Le fonctionnement du système de démocratie représentative nous montre que ce n'est pas le cas. Le droit de vote (qui devrait être le droit de voter la loi) est réduit au seul droit d'élire, c'est-à-dire au droit d'abandonner son pouvoir de décision à des représentants pour voter la loi en lieu et place du citoyen.

Le droit à la santé: La santé est notre bien le plus précieux. Pourtant ce droit fondamental, inscrit dans le droit international sur les droits humains, est lui-même mis à mal par

  • la réduction drastique du personnel soignant dans les hôpitaux,
  • la recherche de privation de la Sécurité Sociale (Projet Fillon candidat aux présidentielles 2016). Posséder une complémentaire santé devient de plus en plus déterminant, mais coûteux, pour un bon accès aux soins,
  • Le reste à charge des ménages n'a cessé d'augmenter,
  • La désertification médicale de certaines zones rurales ou de banlieue ajoute une inégalité territoriale dans l’accès aux soins,

 

   

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