Changer de bocal pour
Changer la société

 

Présidentielles 2017

 

 

Les idées développées tout au long des pages de ce site conduisent au rejet des élections dans leur forme actuelle puisqu'elles ne constituent qu'un simulacre de démocratie. Ce rejet ne doit pourtant pas se traduire par un abandon de l'intérêt pour la "chose publique". Bien au contraire, il doit être l'occasion de montrer, à travers l'analyse des candidatures officielles, le bien fondé de nos idées.

 

Résultats complets du premier tour en bas de page

 

Une Gauche? Quelle gauche?

Petite histoire: La notion de gauche et de droite ne reflétait initialement qu'un positionnement physique dans la "salle des Manèges" où se réunissait l'Assemblée Nationale à la Révolution. Un tel positionnement n'a qu'un intérêt purement historique plutôt que de représentation d'une idéologie. Le positionnement politique gauche-droite date d'août 1789 lors des débats sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le maintien du catholicisme comme religion d’Etat, et surtout le droit de veto absolu du roi sur toute loi votée par les députés issus de l'Assemblée Constituante. Lors du vote, et afin de faciliter le décompte des voix, les députés de la Constituante se regroupèrent à la gauche du président du bureau, tandis que les royalistes se placèrent à droite. L'image s'est ensuite perpétuée dans les assemblées parlementaires.


La salle des Manèges

Après la seconde guerre mondiale et jusqu'aux années 1980, le clivage gauche-droite se faisait beaucoup plus clairement sur une idéologie politique. La gauche représentait le peuple, le monde ouvrier, les valeurs de démocratie, liberté, égalité, fraternité, justice, laïcité. La droite représentait l'aristocratie, le libéralisme économique, le patronat, les riches, les privilèges, la loi du plus fort. Les partis politiques étaient facilement classables dans un camp ou dans l'autre.

Aujourd'hui, tout est devenu flou, la politique n'est plus qu'une vaste foire aux suffrages dans laquelle - selon une expression bien rurale (dans un monde qui ne l'est plus) - "une vache aurait bien du mal à reconnaître son veau".

La politique de la gauche au pouvoir est devenue une politique libérale en faveur des magnats de l'économie et de la société de consommation et au détriment du citoyen. Le discours de gauche est devenu un discours langue de bois pendant que son action s'est affirmée autoritaire, répressive, et contraire à toute éthique "socialiste" (Utilisation du 49.3 par exemple pour faire passer des lois très impopulaires).

Dans un tel contexte, la gauche une fois aux manettes, n'a plus d'autre objectif que de préparer le prochain ratissage électoral qui d'ailleurs se confondra avec le même ratissage opéré par les partis de droite.

On ne peut pas qualifier de gauche

  • Un Emmanuel Macron (adroit et à droite) qui se sert du PS pour entrer dans la scène politique et qui se sert de l'argent public de son ministère pour créer son parti personnel.
  • Un Manuel Valls qui refuse de soutenir le candidat élu par les primaires de son parti parce que ce n'est pas lui qui a été choisi.
  • Tous les autres "faux-culs" du PS qui se rallient à Macron par opportunisme -- et surtout en espérant sauver leurs portefeuilles -- plutôt que de soutenir le candidat élu des primaires.
  • Un Robert HUE qui a été le premier secrétaire du PCF et qui vire aujourd'hui à droite en se ralliant à Macron l'opportuniste.

La majorité des hommes politiques ne font pas de la politique pour défendre les intérêts de leurs électeurs.

Ils choisissent de faire de la politique comme on choisit de faire un métier, c'est-à-dire en essayant de tirer de leur job le meilleur profit pour eux-mêmes. Des exemples ?

Référendum pour la ratification du traité européen dit "traité de Lisbonne":

Les Français consultés par référendum le 29 mai 2005 ont répondu non à 55% Les parlementaires (élus du peuple) réunis en congrès à Versailles le 8 février 2008 ont dit oui et ont donc bafoué le choix du peuple. Elections présidentielles 2017 :

Emmanuel Macron s’est servi du PS (auquel il n’a jamais adhéré), et de son poste au gouvernement Hollande, comme tremplin pour lancer son mouvement dissident En Marche

François Fillon proclame, lors des primaires, qu’un candidat à l’élection mis en examen ne peut pas concourir. Quelques semaines plus tard il est lui-même mis en examen mais maintient sa candidature.

Manuel Valls proclame, lors des primaires, qu’il soutiendra le candidat vainqueur. Il est battu à ces primaires, refuse de soutenir le vainqueur (Benoît Hamon) et se range derrière la bannière d’un candidat non socialiste et non présent aux primaires (Emmanuel Macron)

Comme lui, d’autres rats quittent le navire PS pour rejoindre « l’arche de Noé » de Macron en espérant préserver leur avenir politique: Alain Calmette député du Cantal, Marc Goua député socialiste de Maine-et-Loire, Maurice Vincent sénateur de la Loire, René Dosière député de l’Aisne, Dominique Baert député maire PS de Wattrelos, Christophe Caresche député PS du Cantal, M'jid El Guerrab conseiller «euroméditerannée» du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, Barbara Pompili la secrétaire d'État chargée de la biodiversité, Jean Yves Le Drian ministre de la Défense, …


Un mot sur les sondages

Il est intéressant de noter qui sont...

... Les propriétaires des instituts de sondage

CSA: Groupe Bolloré
BVA: Groupe Bolloré + Drahi + Rothschild
IFOP: Laurence Parisot, actionnaire majoritaire
IPSOS: Pinault + Fidelity (fonds d'investissement américain)
SOFRES: Fidelity (fonds d'investissement américain)

On trouvera les justifications détaillées sur le site "Parti de Gauche Midi Pyrénées".

On comprendra aisément que les résultats des sondages puissent être "corrigés" dans un sens qui soit favorable aux patrons de ces instituts, notamment en matière électorale (mais pas que).
C'est pour cela aussi que les résultats sortis des urnes diffèrent souvent beaucoup des prévisions annoncées par les sondages préélectoraux.

 


Marine Le Pen

Le programme de la candidate Marine Le Pen reste sensiblement le même qu'en 2012.
Sa principale préoccupation consiste à peaufiner, pour mieux la faire adopter, l'image d'un parti aux angles arrondis pour "Une France apaisée"

Patriotisme économique, sortie de l'Euro et réduction drastique de l'immigration constituent l'essentiel de son credo assorti de quelques mesures populistes: Revaloriser les petits salaires de 200 € net et revenir (peut-être) à la retraite à 60 ans.
Pour l'instant le FN se fait discret, se contentant de se réjouir des déchirements de la droite classique et de la gauche à travers leurs primaires respectives, et de commenter les décisions politiques prises par le gouvernement.
Son réservoir d'électeurs continue d'être alimenté pour une bonne part, par les déçus de la gauche.

Ses électeurs devraient pourtant s'interroger sur des comportements comme celui qui consiste à détourner de l'argent (339.000 € selon Mediapart) destiné aux assistants parlementaires européens au profit direct de permanents du parti FN.

 

François Fillon

Grand (et inattendu) vainqueur aux primaires de droite, Fillon se présente comme le champion du libéralisme:

  • Refonte totale du code du travail, licenciements facilités, contrat de travail à droits progressifs en fonction de l'ancienneté, suppression de la durée hebdomadaire légale du travail sauf pour les fonctionnaires qui seraient soumis à 39 h.
  • Baisse des charges sur l'ensemble des salaires (ce qui implique - mais ce n'est pas dit - une baisse des prestations sociales permises par ces charges).
  • Création de 16 000 places de prison supplémentaires. Pour qui?
  • Suppression de l'impôt sur les grandes fortunes et de la taxe sur les très hauts salaires.
  • Instauration d'une allocation sociale unique regroupant diverses aides publiques (non précisées) qui resterait inférieure au SMIC.
  • Recours plus fréquent au référendum (sans toutefois en changer les règles constitutionnelles)

Pendant que M. Fillon se proclame chevalier blanc et champion de la probité, il n'oublie pourtant pas de se sucrer sur l'argent public: plus de 900 mille euros prélevés sur l'enveloppe budgétaire destinée à financer les assistants parlementaires, prélèvements qu'il tente aujourd'hui de justifier par l'embauche de sa femme Pénélope comme assistante. (Source: Le canard enchaîné du 24.01 et 01.02.2017) Or Pénélope assure elle-même qu'elle ne s'est jamais immiscée dans les affaires politiques de son mari (Source: Envoyé spécial France2 du 02.02.2017). M. Fillon ne produit pas de justification de ce qu'il avance. Pourtant quel aplomb affiché avant le scandale!!! Ses électeurs potentiels continueront-ils à fermer les yeux, à se boucher les oreilles et à se pincer le nez pour ne pas être incommodés par les "boules puantes"?

Avec lui nous aurions une droite très dure, un exécutif de choc et une bien meilleure qualité de vie pour.... les riches!


Son programme:

  • Augmentation de la TVA (= baisse généralisée du pouvoir d'achat).
  • Suppression de l'ISF.
  • Suppression de 500.000 fonctionnaires.s
  • Cadeaux aux entreprises:
    • 50 milliards d'euros puisés dans les contrats d'assurance-vie des particuliers.
    • Diminuer l'impôt sur les bénéfices des sociétés pour atteindre 25% en 2022.
    • Baisser les charges patronales.
  • Des efforts imposés aux salariés
    • Retraite à 65 ans.
    • Retour aux 39 h, y compris dans la fonction publique, sans gagner plus!
    • Vers une suppression du droit du travail.
    • Dilapidation des organisations syndicales.
    • "Assouplissement" (sic) des conditions de licenciement.
    • Plafonnage des indemnités "prud'homales".
    • Suppression du compte pénibilité.
  • Education:
    • Suppression des lycées professionnels pour les placer sous la coupe des entreprises en favorisant l'apprentissage par alternance.
    • Assouplissement des contrats des apprentis et réduction de leur coût.

A propos du Pénélopegate:
Il est vraiment pitoyable de voir, au cours du meeting à La Villette le 29 janvier 2017, un homme politique qui prône la rigueur, et qui prétend avoir le cuir solide, se servir dans le même temps d'une tribune médiatique pour faire, les larmes aux yeux, ses déclarations publiques d'amour: "Devant vous je veux dire dire à Pénélope que je l'aime".
Les citoyens n'ont que faire des histoires personnelles ou des relations de famille des hommes politiques. Ce qu'on leur demande c'est de nous proposer un programme cohérent, susceptible de nous convaincre de voter pour eux afin de nous représenter nationalement. Du reste, on n'en a que faire!

 

Et voici que maintenant (15/02/2017) Fillon est obligé de manger son chapeau. Il en est réduit à aller quémander le soutien de Sarkozy, le "mis en examen" qu'il a vilipendé au cours de la primaire. Il montre ainsi ce dont il est capable: il ne reculera devant aucune bassesse pour espérer arriver au pouvoir. Quelle honte pour le "chevalier blanc" éclaboussé par la boue.

Quelle serait la gouvernance d'un FILLON s'il était élu?

La droite n'a aujourd'hui aucun plan B pour remplacer FILLON. Aujourd'hui il est trop tard pour changer son fusil d'épaule. Donc deux hypothèses:
----> la plus probable c'est que FILLON ne soit pas au deuxième tour.
----> Si toutefois Fillon était présent pour le deuxième tour il se passera ce qui s'est passé en 2002: Premier tour Chirac (19,88 %), Le Pen (16,86 %). Deuxième tour: Chirac 82%.
Dans cette hypothèse Fillon sera élu par défaut. Mais sur qui pourra t-il compter pour appliquer son programme d'austérité? Les citoyens n'auront pas oublié que Fillon = pognon et que Peuple = vache (à lait) maigre.
Ceux qui auront voté pour lui par dépit seront vraisemblablement les plus exigeants. Le Peuple sera dans la rue et finira par bloquer le système.
Dans son propre camp, il ne pourra pas davantage compter sur ceux qui n'ont eu d'autre choix, pendant la campagne, que de la fermer pour éviter le naufrage et la décomposition de la droite tout entière.

Pour réveiller l'espoir d'une VRAIE démocratie, ce n'est peut-être pas une mauvaise hypothèse?


01.03.2017 Actualités:

François Fillon mis en examen. Il avait proclamé haut et fort que "seul une mise en examen le ferait renoncer à se présenter aux présidentielles". Il vient de prendre une position diamétralement opposée. Il est aujourd'hui mis en examen et maintient sa candidature. Si on entendait les voix d'outre tombe on entendrait les gloussements justifiés du Général de Gaulle!!!


Contradictions opportunistes:

FILLON a appelé à une manifestation de rue le 05.03.2017 au Trocadéro à Paris. Or le même FILLON disait ceci à propos de ce genre de manifestations:

  • "Avec Nicolas Sarkozy, pendant 5 ans, on a une grande fierté: n'avoir jamais cédé à la rue" (02.11.2012)
  • "Si on admet que la rue peut contester le pouvoir légitime, on admet que la démocratie a échoué. On ne peut pas transiger avec cela" (05.11.2012)
  • "Céder à la rue, c'est reconnaître qu'un pouvoir minoritaire est au-dessus du pouvoir démocratique" (Blois 7.11.2012)
  • "Quand c'est la rue qui décide dans un pays, c'est que la démocratie et le choix du peuple ne sont plus respectés" (Corse 11.11.2012)
  • "Aucune excuse à accorder à ceux qui pensent que la loi de la rue est supérieure à celle de la République. Ils sont les ennemis de la liberté" (09.03.2016)
  • "Nos policiers subissent, depuis des mois, une pression terrible. Il est insupportable qu'ils aient en plus à encadrer des manifestants irresponsables" (15.06.2016)

Emmanuel Macron: "L'extrême centre !"

Le jeune loup, golden boy sans complexe et sans parti, s'est doté du rateau qui ratisse le plus large: le rateau qui n'a de bord ni à droite ni à gauche.
Monsieur Macron, qui n'a aucune connaissance concrète du monde du travail, méprise les ouvrières "illettrées" de l'abattoir Gad.
En visite le 27mai 2016 à Lunel (Hérault) il s'emporte face à deux chômeurs: "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".
Après s'être servi pendant deux ans du gouvernement (de gauche?) comme tremplin il veut disputer à Fillon le championnat du libéralisme.

Son programme électoral se résume à une page blanche. Dans ses discours on ne trouve que des promesses de mesurettes pour les uns, des promesses d'allègement fiscal pour les autres, ... Aucun programme structuré avec des objectifs, des moyens législatifs, des moyens financiers, des échéances... aucun engagement! Seulement un saupoudrage de slogans et de petites phrases destinées à ratisser large sans se mouiller.

Son vrai faux programme électoral est ici: A voir absolument (Document extrait de https://www.les-crises.fr/)

Taxe d'habitation: Des cadeaux avec votre propre argent!

Le 22 mars M. Macron annonce devant les maires de France qu'il exonerera 80% des Français de la taxe d'habitation ce qui représentera pour les municipalités une perte de recettes de 10 milliards d'euros. Macron "rassure" les maires stupéfaits en leur promettant un dédommagement à l'euro près par des subventions de l'Etat. Naturellement il ne dit pas qui contribuera pour financer ces 10 milliards de remboursement. Autrement dit, Macron prend dans les caisses de l'Etat pour faire des cadeaux électoraux aux uns et.... les mêmes renfloueront les caisses de l'Etat. Mais, par cette manipulation, Macron espère apparaître comme un candidat populaire auprès d'électeurs qu'il prend pour des gourdes.

"Le petit peuple" ne manquera pas de se rappeler:

  • qu'il a été formé (2002-2004) à l'école des politiciens professionnels: l'ENA,
  • qu'il a commencé sa carrière (2004-2008) comme inspecteur général des finances,
  • qu'il a poursuivi (2008-2011) comme banquier d'affaires chez Rothschild,
  • qu'il a conseillé F. Hollande (2012-2014) pour obtenir les résultats qu'on connait,
  • et que, ayant été ministre de l'économie et de l'industrie (2014-2016) il est comptable du bilan du gouvernement.

Aujourd'hui, dans sa campagne électorale, il se montre le meilleur VRP de l'ubérisation du travail, le promoteur des salariés sans droits: Incitation des jeunes à travailler plus, facilitation des licenciements, incitation à devenir auto-entrepreneur, modulation de l'âge de départ à la retraite jusqu'à 67 ans, gestion de l'UNEDIC par l'Etat seul "... parce que c'est l'Etat le payeur..." Ah bon? Et avec quelles ressources l'Etat paye t-il? C'est L'Etat qui supporte les prélèvements des cotisations chômage sur les fiches de paie alors?

Avec ses discours flous et ses slogans creux, M. Macron est très mal placé pour représenter ce "petit peuple". Les "vrais gens" n'oublieront pas son "vrai visage". Ils ne manqueront pas de lui "tailler un costard" et de faire le nécessaire pour que, dans sa "marche" (sur l'eau sans doute) il se prenne un rateau! un très large rateau...

D'autant qu'il a utilisé 120.000 € d'argent public du ministère des Finances pour lancer son propre mouvement "En Marche". Sources: Le Figaro relayé par Le Huffington Post.

Patrimoine déclaré: Comme tout responsable public, Macron a produit une déclaration de patrimoine auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique. Cette déclaration semble purgée de ses éléments de patrimoine gênants comme le soupçonnent les auteurs du courrier adressé à la HATVP par
Paul Mumbach Candidat des maires en colère à la présidentielle Maire de Dannemarie (68), Président des maires ruraux du Haut-Rhin,
Jean-Philippe Allenbach Président du Mouvement Franche-Comté Besançon (25)
Serge Grass Président de l'Union Civique des Contribuables Citoyens Nancray (25).

Aujourd'hui Macron s'est allié avec F. Bayrou qui pourtant ne pouvait pas l'encadrer. Il est amusant de se rappeler ce que Bayrou disait de Macron: France Info a relevé le 23.02.2017, en images, douze fois où François Bayrou a dézingué Emmanuel Macron avant de le rallier.

 

Jean Luc Mélenchon

Jean Luc Mélenchon est de gauche mais ne se reconnait pas dans la gauche décrite en début de page. Il est le seul candidat qui ose annoncer que "l’ère du peuple doit commencer!"

  • Sa première proposition: Réécrire la Constitution et lancer la VIème République. Cette nouvelle Constitution doit permettre un large recours au référendum qui associe le peuple aux grandes décisions. Elle doit permettre aussi le droit de révoquer les élus. Cette proposition rejoint celle de la page Moi Président.
  • Contrer le libéralisme économique en stoppant les négociations visant à libéraliser les échanges commerciaux (TAFTA) entre l'Europe et les USA, en rejetant l'accord avec le Canada (CETA).
  • Mise en oeuvre d'un programme écologique qui se fonde sur un plan de transition énergétique tourné vers les énergies renouvelables et qui se préoccupe de la protection des biens communs.
  • Séparation des banques d'affaires des banques de dépôt pour protéger l'épargne des Français.
  • Abrogation de la Loi Travail passée en force par utilisation du 49.3.
  • Un SMIC à 1300 €.

Sa proposition de nouvelle constitution et son attitude de rupture avec le libéralisme est séduisante et s'approche, dans les mots, de la société que nous avons appelée de nos voeux dans les pages précédentes. Encore faudrait-il qu'il détaille les principes de la nouvelle constitution envisagée. Toujours est-il qu'il ne semble pas décidé à s'attaquer aux fondements du système. Il ne propose que de l'aménager dans un sens plus propice aux travailleurs et aux plus démunis. Dommage qu'il n'aille pas au bout de son raisonnement.

 

Charlotte Marchandise

La première primaire en ligne, 100% démocratique et ouverte à tout(e) citoyen(ne) français(e) en dehors de tout parti politique, a été mise en oeuvre dès le 4 avril 2016 par l'association LaPrimaire.org.

Charlotte Marchandise-Franquet est la candidate de la société civile, issue du processus citoyen et démocratique de désignation organisé par cette association.

Charlotte Marchandise a 41 ans, habite l'Ille-et-Vilaine et est formatrice. Son parcours professionnel est riche et varié: 20 ans d'engagement associatif au service du bien commun

Voir le projet de campagne de Charlotte Marchandise.

  • Sa 1ère priorité: 2 ans pour mettre en place une nouvelle constitution, par et avec le peuple.
  • Sa 2ème priorité: Lutter contre les inégalités: un revenu de base universel.
  • Sa 3ème priorité: Transition énergétique, écologique et économique.

Bien que son projet politique ne soit pas révolutionnaire - la démarche est seulement hors normes - Charlotte Marchandise n'a réunit que 135 parrainages sur les 500 exigés par le système électoral en cours pour mener campagne officielle.

Mais la démarche a le très grand mérite de démontrer qu'un processus démocratique est toujours possible pour la désignation par le peuple d'une candidate issue du peuple, dans une société pourtant ligotée par les politiciens carriéristes.

En savoir plus avec LaPrimaire.org

 

Les autres candidats

Le candidat de la gauche attend sa désignation par le second tour de la primaire dite de la "Belle Alliance Populaire".

Belle? Une alliance par défaut peut-elle être belle? Le principal intéressé F. Hollande s'est désisté: du jamais vu au cours de la V° république. Des éléments dits de gauche se sont échappés avant la primaire: Macron. Les écolos ont organisé leur propre primaire. Mélenchon refuse d'y adhérer. Reste le fond de la passoire. Peut-on qualifier de belle le fond de la passoire?

Alliance? Le déroulement des trois débats de la primaire ont montré tout de même des projets de société qui ont des bases et des directions différentes et parfois divergentes. D'ailleurs la question se pose du réel soutien dont pourra disposer le candidat qui sortira "gagnant" de la primaire de la part de chacun des 6 candidats perdants.

Populaire? Avec une participation très médiocre de 1,6 million (gonflé de 350.000 votants fantômes selon certains media) de votants au premier tour de ces primaires, ne devrait-on pas plutôt parler d'impopularité, ou pire, d'indifférence du peuple?

Manuel Valls: "Moi je veux!"

L'idée maîtresse qui ressortait du discours de l'ancien premier ministre pendant la campagne des primaires est qu'il est le meilleur, le mieux placé, le plus expérimenté, le plus de volontaire, le plus riguoureux, le plus fiable, le plus crédible... Bref, ne cherchez pas ailleurs, il n'y a pas mieux! Il veut qu'on roule pour lui sinon rien.
Il se proclamait champion du rassemblement de la gauche mais traitait B. Hamon d'illusionniste et déclarait qu'il refuserait de le soutenir aux présidentielles si ce dernier sortait vainqueur des primaires.

Monsieur Valls est-il le nouveau Sarko, teinté de rose par son fort tempérament? Car lorsqu'on se réclame de la Gauche, le "Nous" devrait l'emporter sur le "Je". A moins que M. Valls se prenne pour le Peuple? Suivez mon regard ... autoritaire et intransigeant!

Son sort a été réglé le 29 janvier 2017 avec un faible score, très éloigné de ses prétentions (18% de moins que B. Hamon). Le peuple ne s'est pas reconnu dans son "je" et ne s'est pas laissé prendre à son jeu.


Mais quel crédit peut-on apporter à un homme politique qui voulait être président de la République et qui se montre traître à son propre parti et aux engagements pris?

La Haute autorité des primaires citoyennes a dénoncé dans un communiqué mercredi le “comportement” de Manuel Valls : “La Haute autorité constate qu’un tel comportement contrevient gravement au principe de loyauté et à l’esprit même des primaires dont l’engagement principal consiste à soutenir sans réserve le candidat sorti vainqueur”, a-t-elle écrit dans le communiqué transmis à l’AFP.”

Le Point du 23-03-2017


Benoît Hamon

Son attitude n'est pas arrogante et son discours est compréhensible par tout un chacun, ce qui lui donne un capital sympathie. Mais sa ligne politique reste floue. Par exemple sa proposition de revenu universel est sympathique mais il ne dit pas clairement ce qu'il remplacera ni comment il sera financé: 500 Milliards d'euros? d'où viennent-ils? Comment seront-ils mis en oeuvre?


Les autres candidats, dont Y. Jadot pour Europe Ecologie-Les Verts, ont des programmes trop restreints et trop centrés sur leurs organisations respectives, sans perspective globale pour l'avenir de notre société, pour être détaillés.

 

L'abstention

Le gagnant du premier tour des élections présidentielles 2017 risque bien d'être l'abstention. Le score des deux finalistes ne s'annonce guère supérieur à 25%. Mais attention à l'expression des résultats!

Le nombre d'inscrits sur les listes électorales se situe autour de 45.000.000 (44,8 M fin 2016 d'après l'Insee).
Un taux d'abstention proche de 20% représentera 9.000.000 citoyens
Les suffrages exprimés seront donc de 80% soit 36.000.000.

Prenons un candidat qui obtiendrait 25% des suffrages exprimés.
Il aurait donc recueilli 25% de 36.000.000 = 9.000.000 suffrages.

C'est-à-dire très exactement le même nombre que celui des abstentionnistes!
Comme quoi 20% = 25% suivant la façon dont on manipule les résultats. C'est pourtant ce qui se passe à chaque élection. 9.000.000 de citoyens ne comptent pas!

Et pourtant, le prochain gagnant des élections, s'il n'obtient que 25% des suffrages exprimés au premier tour, ne pourra pas se targuer d'être le président de tous les Français. Il n'en représenterait réellement que 1 sur 5 !

Ce sont seulement les résultats du premier tour qui sont représentatifs, car au deuxième tour le score ne gonfle qu'artificiellement, avec l'addition des voix des déçus du premier tour, contraints de voter utile au second.

9.000.000 de suffrages suffisent pour faire une majorité (?) qui gouverne. Mais..... 9.000.000 d'abstentionnistes ça ne compte pas. Est-ce normal???

 

 

Analyse des résultats et conclusions

Premier tour

Résultats:

Premier tour 23/04/2017
Source: Ministère de l'intérieur.

en % des inscrits
en % des exprimés
Inscrits (nombre)
47 581 118
Votants
77,77
Blancs
1,39
Nuls
0,60
Exprimés
75,78
Abstentions
22,23
 
Abstentions + Blancs + Nuls
24,22
 
MACRON
18,19
24,01
LE PEN
16,14
21,30
FILLON
15,16
20,01
MELENCHON
14,84
19,58
HAMON
4,82
6,36
DUPONT-AIGNAN
3,56
4,70
LASSALLE
0,91
1,21
POUTOU
0,83
1,09
ASSELINEAU
0,70
0,92
ARTHAUD
0,49
0,64
CHEMINADE
0,14
0,18

 

Une France divisée en 5 blocs
1- Les Abstentionnistes + Blancs et nuls: 24,22%, largement majoritaires soit près de 1 personne sur 4.
2- Nouvelle Droite déguisée en Neutre: Emmanuel Macron: 18,19%
3- Extrême droite: Marine Le Pen: 16,14%

4- Ancienne Droite: François Fillon: 15,16%
5- Nouvelle Gauche: Jean-Luc Mélenchon: 14,84%

Les partis traditionnels ne sont plus considérés comme les porteurs d'espoir politique: PS et LR sont en voie de décomposition.

Le Système en place a déjà pris parti: Le soir même du 1er tour des élections Macron, qui ne représente encore que 18,19% de la population citoyenne, est déjà considéré comme élu définitif et reçoit une escorte policière digne d'un président de la république. Macron est escorté de chez lui vers son QG de campagne, puis vers un resto parisien (La Rotonde) pour un grand dîner entre "copains", à l'image du Sarkozy bling bling de 2007. A la différence près tout de même que Sarkozy obtenait 33% des suffrages exprimés au premier tour et que sa soirée au Fouquet's avait lieu après le second tour et son élection réelle. A ce titre, Macron fait pire!

Les primaires de droite comme de gauche avaient suscité un intérêt certain dans la population car elle ressemblait à un renouveau démocratique. Les élections réelles ont pourtant choisi deux candidats qui n'en faisaient pas partie. Ce qui tend à montrer que les votants à ces primaires n'étaient que les derniers fans des partis politiques qui se montrent aujourd'hui moribonds. La majorité de la population a rejeté les candidats pré-élus.

La bourse fait un bond de +4% dès le jour suivant le premier tour (Les banques caracolent à +10% !!!) ce qui montre que Macron inspire confiance à la sphère de l'ARGENT. Logique puisque Macron est un pur produit de la finance.

Deuxième tour, les enjeux

Les chiffres clés: en % des inscrits (et non des suffrages exprimés)
Abstentions+blancs+nuls: 24,22%
Macron:18,19%
Le Pen:16,14%
Fillon: 15,16%
Mélenchon:14,84%

Leçon N°1: Ni Macron, ni Le Pen, ne sont arrivés à mobiliser 1 Français sur 5. Quelle légitimité aura l'une ou l'autre après le deuxième tour?

Leçon N°2: Les Fillonistes sont divisés sur l'appel à voter Macron. Le nom de Macron n'est même pas cité dans le communiqué/consigne de LR. Au second tour l'électorat de droite se divisera en 3 clans: Le Pen, Macron, Vote blanc et abstention.

Leçon N°3: Au PS on cherche les responsables de la décomposition et l'électorat est débousolé. L'abstention et le vote blanc seront, là encore, les choix par défaut (On peut d'ailleurs se poser la question de savoir si un tel choix est véritablement un choix?).

Leçon N°4: L'électorat de Mélenchon se compose de 2 catégories: Ceux qui se sont ralliés (Les déçus du PS et les divers gauche qui ont préféré voter utile dès le premier tour pour donner une chance au seul véritable changement par le changement de Constitution) et le noyau dur des insoumis.
Les premiers se partageront aussi en 3 au second tour avec, sans doute, une préférence pour l'abstention.
Les seconds, ceux qui se sentent par définition insoumis au système, ceux-là qui sont des militants et des combattants, considèrent que Le Pen ou Macron ne feront rien pour changer le système, au contraire. Il n'y a objectivement aucune raison pour que leurs voix se portent sur les candidats du système. Ils grossiront très fortement le camp des abstentionnistes.

Conclusions:

1- Le grand vainqueur du deuxième tour sera le camp de l'abstention.

2- Le piteux vainqueur des présidentielles n'aura aucune légitimité.

3- Les législatives qui suivront ne pourront que confirmer la sanction du vainqueur par défaut des présidentielles. Sa gouvernance risque d'être sacrément problématique, sinon impossible.

 

Second tour: Résultats et commentaires.
Débuts du quinquennat du nouveau président.

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